J’ai été nommé, à ma demande, Président du Groupe d’amitié France Mali. Je considère en effet qu’un député doit s’impliquer dans les enjeux internationaux au-delà du cœur de son action : les questions locales et nationales.

La dimension internationale est en effet indispensable pour défendre nos intérêts immédiats mais aussi pour favoriser la paix et la solidarité dans le monde.

Nous avons des intérêts économiques fondamentaux au-delà de l’Europe : on estime que 90% de la croissance des 15 prochaines années se fera en dehors de l’Union européenne. Il faut donc développer des accords commerciaux, exporter, investir à l’étranger comme le font déjà de nombreuses entreprises héraultaise.

Nous avons des intérêts liés à notre sécurité car le terrorisme n’a pas de frontière et doit être combattu dans ses bases. Nous devons défendre notre modèle social, la démocratie, les droits de l’homme en influençant le reste du monde,

Mais au-delà de ces intérêts immédiats nous avons une obligation de solidarité avec les pays les plus pauvres, ceux qui font face à des crises humanitaires. En particulier le Mali avec qui nous partageons une histoire et une langue commune.

 

France-Mali, XVe l‚égislature

Le Mali fait partie des pays les plus pauvres du monde et il est difficile d’imaginer ce que c’est que de vivre dans un pays dont le Revenu National est de 640 euros par habitant et par an, avec des accès à la santé, à l’éducation très limités, une grande vulnérabilité accrue encore par les attaques des mouvements radicaux islamiste depuis 2012. La France a répondu aux appels du gouvernement pour stopper ces mouvements et reste présente avec des milliers d’hommes. Mais la situation est précaire, malgré nos appuis et ceux des Nations Unis ou de l’Europe, accroissant la détresse de millions d’hommes, femmes et enfants.

Les relations entre la France et le Mali sont au carrefour des principaux défis auxquels la politique étrangère de la France sera confrontée durant les prochaines années : sécurité, réduction de la pauvreté, efficacité de l’aide, francophonie, culture, environnement et changement climatique.

Le Groupe France Mali qui réunit 51 députés ambitionne de favoriser le dialogue avec les acteurs français mais aussi maliens y compris de la diaspora, sur de nombreuses questions : évolution de la situation militaire et de l’engagement français, orientation des aides et leurs efficacités, gestion des migrations, incitation des entreprises françaises à investir, renforcement des institutions maliennes….

J’ai souhaité associer les présidents des groupes d’amitié avec le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad à une partie de nos travaux, ces pays constituant avec la Mali le G5 Sahel.

G5 Sahel

Le G5 Sahel regroupe cinq pays de la bande sahélo-saharienne : le Burkina-Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Créé en février 2014 à l’initiative des chefs d’État de la région, le G5 Sahel est un cadre institutionnel de suivi de la coopération régionale, destiné à coordonner les politiques de développement et de sécurité de ses membres.

En appui aux pays de la région, la France a déployé près de 4000 militaires dans le cadre de l’opération Barkhane. Le dispositif s’articule autour des trois points d’appui permanents : Gao au Mali, Niamey au Niger et N’Djamena au Tchad où se situe le poste de commandement interarmées. L’objectif de la stratégie sahélo-saharienne de la France, dont Barkhane porte le volet militaire, est de permettre aux États partenaires d’acquérir la capacité d’assurer leur sécurité de façon autonome. Dans le contexte actuel, l’effort de Barkhane porte sur l’accompagnement des forces partenaires, l’appui des forces internationales et la lutte directe contre la menace terroriste. La force Barkhane a la capacité de mener en permanence et de façon simultanée, des opérations dans toute sa zone d’action, qui s’étend sur les cinq pays du G5 Sahel. Il s’agit d’une zone aussi vaste que l’Europe : la distance entre Niamey et N’Djamena équivaut à la distance entre Brest et Copenhague.

Le 2 juillet 2017, à Bamako, les présidents des cinq pays exposés par la menace terroriste, en présence du président de la République française, ont décidé de la création d’une force militaire conjointe, le G5 Sahel. Son mandat est la lutte contre le terrorisme, le crime organisé transfrontalier et le trafic d’êtres humains dans l’espace du G5 Sahel.

L’effort consenti pour la sécurité de la région sera sans lendemain s’il n’est pas accompagné d’un effort durable en matière de développement : c’est l’objectif de l’Alliance pour le Sahel, le deuxième volet de l’initiative G5 Sahel, tout aussi important.

L’Alliance pour le Sahel lancée par le Président de la République au Sommet du G5 Sahel est destinée à améliorer l’efficacité de l’aide au développement grâce à la constitution d’une alliance inédite. Cinq secteurs clefs sont ciblés :

  • employabilité des jeunes
  • éducation et formation
  • agriculture, développement rural et sécurité alimentaire
  • énergie et climat
  • gouvernance
  • décentralisation et appui au déploiement des services de base.

En cours de constitution, l’Alliance pour le Sahel est ouverte à tous les partenaires prêts à s’impliquer activement et dans le respect de sa charte (méthode, notamment de délégations réciproques), autour de son noyau fondateur (France, Allemagne, UE, Banque mondiale, Banque africaine de développement, PNUD).